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ALIMENTATION DE L' ENFANT


Réflexions sur 20 ans de pédiatrie
P de BOISSE
M MARZINI diététicienne
 
L’alimentation de l'enfant est un processus à priori physiologique et culturel simple. Et pourtant elle représente une source importante de questions parentales.
 
L’idéal est le sein au moins six mois (voir texte allaitement). La diversification doit être tardive et pas avant ce délai.
Les premiers jours le choix du lait est souvent fonction des tours de lait de maternité et la maman qui a « choisi » ce mode d’alimentation doit être respecté et non culpabilisée vis-à-vis du sein…Souvent ce choix repose sur une non-information ou des pseudo-croyances.
La plu part des mères qui n’allaitent pas n ‘ont pas été allaitées par leur mère.
60 % des femmes ont choisi avant la grossesse. La consultation prénatale pédiatrique vers 6 mois, représente un moment de choix privilégié d’information des couples.
Le lait premier âge est utilisé jusqu’au 5 emes mois ;La formation du tissu adipeux se fait les 6 premiers mois de la vie et souvent 30 CC de moins que sur la boîte et sans forcer suffira à nourrir le bébé
Sortie de maternité 6 x 60 CC kool, eau du robinet sans stériliser à MARSEILLE.
1er mois 6 x 90 à 120
2e mois 5 x 150 Max. Souvent surtout pour les filles, plus calmes, les premières nuits se font de 23h à 7 h merci !! sauf si sucette…chute d’ou réveil...
3e mois 5 x180 puis, des 4 mois 5 à 4 bibs de 210 qu’on va laisser jusqu'à 1 an en passant au deuxième âge vers 5 mois. Le lait 2e âge est classique jusqu'à 1an.
 
Les enfants hypotrophies ou prématurés doivent surtout être allaité. Les laits « pré » sont classiques jusqu’à 3 kg, mais constipent. l’hépar est à utiliser sans souci ;
 
Les laits HA sont des créneaux commerciaux et d’indication très discutés. En cas d’antécédents familiaux d’intolérance au lait de vache, il est préférable d’utiliser des hydrolysats (ALLERNOVA, PREGESTIMIL, PEPTIJUNIOR…) Dès la maternité. La croissance des enfants à long terme est sans souci.
Souvent le lait sera réintroduit tous les 3 mois. En cas de malaise initial, ceci doit être fait en milieu hospitalier.
Il existe des cas rares d’allergie aux hydrolysats à traiter au NEOCATE.
Le lait de soja a été accusé sans preuve formelle de problème de stérilité à long terme ?? non prouvé et garde des indications.
Parmi les nombreux laits anti-reflux du marché 2 semblent plus efficaces ;le NUTRILON et le PELARGON
Les laits aux pré ou aux pro biotiques occupent le créneau des coliques ou de la prévention anti-infectieuse de crèche..a voir
 
Le 6 eme mois on peut proposer les glucides et les lipides sans urgence à la cuillère ou mélanger aux biberons de lait en prenant soin de diminuer les volumes
FRUITS : tous sauf fraise, kiwi, vanille naturelle, canelle.les fruits exotiques (mangues, papayes, …) ont peu d’intérêt chez nos petits et peuvent attendre 1an. En pratique pomme poire abricot prune banane...
Pas de sucre à rajouter
LEGUMES : tous sauf patates, tomates et sans sel la première année. La plu part des petits pots en contiennent. donc bien lire et ..bonne cuisine à recommander BABY BIO, HPP,
Les produits surgelés sont sans souci, le Bio à tout prix est discutable …Surtout si avant on n’a pas allaité…Proscrire la micro-onde (brûlure, dénaturation)
 
Une noix de beurre ou une cuillère à café d’huile est à incorporer aux légumes (huile olive, colza, pépin de raisin..EVITER L’ARACHIDE)
 
7e mois les protéines puis les céréales kool sans urgence :
Viande maigre (veau, agneau, cheval, bœuf maigre, dinde, poulet) le cochon est plein de bonnes intentions mais aussi de sel, conservateur, antibiotique…1an
Poisson blanc sauf si allergie familiale connue. Éviter les poissons bleus (sardine, maquereaux, thon..) Ou de rivière avant 4 ans…
L’œuf le jaune 1/2 vers 7 ou 8 mois une ou deux fois par semaine 1 an pour le blanc
Souvent l enfant sera à 2 repas midi et soir avec deux bibs le matin et à 16h
Les protéines sont à mélanger à midi sur la base max. de 10g par année d’âge aux légumes
Le pain et les biscuits sont doucement introduits
Le soir sauf pour les rares cas d’intolérance au gluten, on peut proposer des pâtes, du riz ;de la floralines ou de la semoule.
Le fromage sera donné à midi, à 16 h ou le soir avant un petit dessert. Il faut éviter les fromages frais 1 an (faisselle, brousses) en gros le volume max. de repas sera de 300g max. Vers 9 à 12 mois dont 2/3 en plat principal et 1/3 en dessert
Les farines n’ont aucun intérêt.
 
VERS 1 AN
Tout est autorisé saufs :poissons bleus 4 ans, cacahuètes et fruits secs (arachides+++noix, amandes, noisettes,) 6ans risque allergique et fausses-routes
Garder le principe de la courbe de taille supérieure à la courbe de poids jusqu’à au moins trois ans+++éviter l’apparition de l obésité en surveillant à chaque visite la courbe d’IMC (indice de masse corporelle)
Cette alimentation sera progressivement moins mixée vers 15 mois, les protéines le soir ont peu d’intérêt avant 18 mois.
De 18 mois à 4 ans il faut surtout éviter le grignotage entre les repas, en respectant les horaires avec les parents... S’ils mangent tant mieux sinon laisser faire ne pas chercher de conflits où forcer les enfants, ces derniers « gagnent » toujours et la mère craque !!
L’important n’est pas le quotidien et les pédiatres voient trop de gros et beaucoup de beaux maigres...
 
A partir de 4 ans, les enfants mangent comme leurs parents ou presque. Ils reçoivent trop de protéines et de sucres. Il est très important de surveiller les courbes d’IMC et d’intervenir en pluridisciplinaire en cas de rebond (diététique, psychologue) ;il est recommandé mais cher et pas facile de consommer 5 fruits et légumes par jour !!
L’obésité est plus fréquente qu’avant surtout en cas de prédisposition familiale, d’absence de sein, de diversification trop précoce ;
Les repas devant la télé, les heures d’écran vidéo, ordi…
Les milieux défavorisés, l absence de sport…
Sont a risque et sera majorés en pré-adolescence par la bouffe rapide (deuxième période de formation des graisses)
 
 
 
 
 

 
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Perte des triglycérides et des caroténoïdes du lait de mère lors de son utilisation par sonde gastrique
(Tacken KJ et al. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 2009 Nov ; 94(6): F447-50.)

Le lait de mère est considéré comme le meilleur aliment de l'enfant prématuré, mais son stockage, son chauffage ou son utilisation par sonde peuvent modifier la qualité et la quantité des nutriments essentiels. Le risque est, entre autres, une perte des vitamines anti-oxydantes et donc une augmentation des maladies liées aux radicaux libres d'oxygène. Une étude a été menée sur du lait de mère ayant subi une réfrigération, une congélation et un réchauffement au four à micro-ondes, suivis d'une alimentation par sonde, sans exposition à la lumière. Le passage par la sonde réduit les concentrations de triglycérides, de lutéine et de bêtacarotène respectivement de 33 %, 35 % et 26 %. La diminution des triglycérides compte pour 16 % des pertes d'ingesta caloriques des nouveau-nés. Si les concentrations de triglycérides et des caroténoïdes du lait de mère restent stables après réfrigération, congélation ou réchauffement au micro-ondes à faible température, celles de la lutéine diminuent après réfrigération et congélation. Ces modifications n'apparaissent pas avec les formules infantiles à base de lait de vache.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19416803?

Une allergie alimentaire avant 1 an doit inciter à la surveillance au long cours
(Kusunoki T et al. Pediatr Allergy Immunol. 2009 Nov ; 20(7): 642-7.)

Quelle est la réalité de l'allergie alimentaire et de son devenir chez les enfants japonais ? Une étude par questionnaire a évalué le statut allergique d'enfants scolaires qui avaient suivi un régime d'élimination avant l'âge de 1 an en raison de réactions cliniques de type allergie immédiate. À l'âge de 7 ans, 5,4 % des enfants suivaient toujours un régime d'élimination. Ce taux diminuait à 3 % chez les enfants de 15 ans. Le suivi de ces enfants allergiques d'âge scolaire indique que ceux qui ont présenté dans la petite enfance une allergie aux oeufs, au lait ou à la farine de blé, ont plus de risques de développer par la suite non seulement d'autres manifestations d'atopie (asthme, dermatite atopique, rhinite ou conjonctivite allergiques), mais aussi d'autres types d'allergies alimentaires. La surveillance de ces enfants allergiques alimentaires de la première année de vie est donc indispensable.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19702676?

Un faible contrôle inhibiteur de l'enfant et des pratiques alimentaires restrictives parentales favorisent la prise de poids (Anzman SL et al. J Pediatr. 2009 Nov ; 155(5): 651-6.)

Une priorité dans la recherche est l'identification précoce des individus qui sont plus à risque de développer un surpoids plus tard, dans l'environnement obésogène qui est le nôtre. Une étude montre que les filles qui présentent, à l'âge de 7 ans, un contrôle inhibiteur faible souffrent à partir de l'âge de 9 ans d'une augmentation de leur indice de masse corporelle et de leur poids, et ont un risque multiplié par 1,95 d'être en surpoids dès l'âge de 15 ans. Ce sont les filles qui ont le plus souffert d'une restriction parentale qui présentent la plus forte relation inverse entre le contrôle inhibiteur et le statut en poids. Cette étude montre, d'une part, qu'il est peut-être possible d'identifier assez précocement les individus à risque, d'autre part, que les pratiques parentales, potentiellement modifiables, peuvent exacerber ou atténuer ce risque.
http://www.jpeds.com/article/S0022-3476%2809%2900448-X/abstract

Facteurs influençant la poursuite de l'allaitement au sein lors de la sortie des enfants prématurés en Californie
(Lee HC et al. J Pediatr. 2009 Nov ; 155(5): 657-62.e1-2.)

Une étude avait pour but l'investigation des facteurs influençant la poursuite de l'allaitement au sein lors de la sortie de l'enfant très prématuré en Californie. Les données ont été obtenues à partir d'une cohorte, California Perinatal Quality Care Collaborative. À la sortie de l'hôpital, 61,1 % des enfants de très faible poids de naissance étaient nourris au sein ou recevaient partiellement le lait de leur mère. L'allaitement au sein était d'autant plus fréquent que l'enfant était de plus fort poids de naissance et de plus grand âge gestationnel. Les naissances multiples s'accompagnaient d'un plus fort taux d'allaitement au sein. L'allaitement par formule infantile était beaucoup plus fréquent chez les enfants non caucasiens. Pour les auteurs, certains groupes ethniques spécifiques, qui pratiquent moins l'allaitement au sein, doivent bénéficier d'une intervention ciblée.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19628218? 

La fermentation des prébiotiques par le microbiote intestinal augmente la production de certains peptides intestinaux
(Cani PD et al. Am J Clin Nutr. 2009 Nov ; 90(5): 1236-43.)

Une équipe belge avait montré que la fermentation de prébiotiques par le microbiote intestinal augmente la satiété et diminue l'impression de faim et les ingesta énergétiques chez les humains. Chez les rongeurs, ces effets sont liés à une augmentation de concentration de peptides hormonaux digestifs. Une étude menée chez l'homme montre que le traitement par prébiotiques multiplie par trois l'élimination d'H2 dans l'air expiré (marqueur de fermentation microbienne) et diminue la sensation de faim. Les prébiotiques augmentent les concentrations de certaines hormones, comme le glucagon-like peptide 1 et le peptide YY, alors qu'ils diminuent la réponse postprandiale au glucose après le repas. La réponse glycémique est inversement corrélée à l'excrétion d'H2 dans l'air expiré. Cette modification des concentrations de peptides digestifs (glucagon-like peptide et peptide YY) pourrait contribuer en partie aux modifications de la sensation d'appétit après le repas lors de la consommation de prébiotiques.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19776140?

Diminution de la prévalence du déficit en vitamine C aux États-Unis
(Schleicher RL et al. Am J Clin Nutr. 2009 Nov ; 90(5): 1252-63.)

La vitamine C (acide ascorbique) est probablement le plus important facteur anti-oxydant du plasma humain. Dans l'analyse de la 3e NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey III, 1988-1994), environ 13 % de la population américaine était déficiente en vitamine C (taux < 11,4 micromol/L). L'analyse des données de la NHANES 2003-2004 montre que la concentration moyenne de la vitamine C est de 51,4 micromol/L. Les taux les plus élevés sont retrouvés chez les enfants et les personnes les plus âgées. Au sein des divers groupes ethniques, les femmes ont des concentrations plus élevées que les hommes. La prévalence du déficit en vitamine C diminue lorsqu'augmente le statut socio-économique. La prévalence globale du déficit en vitamine C est de 7,1 %. Globalement, cette étude de la NHANES 2003-2004 montre que le déficit en vitamine C a été réduit de moitié environ en 10 ans . Les personnes les plus à risque sont issues des milieux socio-professionnels défavorisés.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19675106?

Traitement de l'obésité pédiatrique par une prise en charge familiale
(Kalarchian MA et al. Pediatrics. 2009 Oct ; 124(4): 1060-8.)

Une équipe a évalué l'efficacité d'une prise en charge comportementale basée sur la famille, pour le traitement de l'obésité pédiatrique sévère. Cette étude a concerné 192 enfants âgés de 8 à 12 ans, dont le percentile de l'indice de masse corporelle était supérieur à 99,18. Cette intervention sur la famille permettait au bout de 6 mois une diminution de 7,58 % du pourcentage de surpoids de l'enfant par comparaison à 0,66 % lorsque les enfants bénéficiaient des soins habituels. La différence n'était toutefois plus significative à 12 et 18 mois. D'autres améliorations médicales, petites mais significatives, étaient observées à 6 et 12 mois. Seuls les enfants qui participaient à plus de 75 % des sessions d'intervention maintenaient une diminution de leur pourcentage de surpoids jusqu'à 18 mois. Seule l'assiduité dans ce type de prise en charge peut donc permettre un effet à long terme.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19786444?

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Infos spécialisées
- Diversification alimentaire : un travail du comité de nutrition de l'ESPGHAN décrit sa position sur les aliments de diversification alimentaire
(J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2008 : 46 : 99-110.) Le travail se focalise sur les enfants bien portants vivant en Europe. L'alimentation au sein pendant 6 mois reste le premier but. La diversification alimentaire ne devrait pas commencer avant 17 semaines ni après 26 semaines. Le comité ne considère pas qu'il existe des preuves que le retard d'introduction des aliments potentiellement allergéniques réduise les allergies chez les enfants à risque. Pendant la période de diversification alimentaire, plus de 90% des besoins en fer chez un enfant nourri au sein doivent être fournis par les aliments diversification qui doivent donc fournir suffisamment de fer biodisponible.
http://www.jpgn.org/pt/re/jpgn/abstract.00005176-200801000-00021.htm

- Intervention nutritionnelle précoce et développement de la maladie atopique chez le nourrisson et l'enfant
(Pediatrics. 2008 ; 121 : 183-91. Greer FR, Sicherer SH, Burks AW ; American Academy of Pediatrics Committee on Nutrition; American Academy of Pediatrics Section on Allergy and Immunology.) La revue Pediatrics publie une analyse des options nutritionnelles de la grossesse, de l'allaitement et de la première année de vie qui peuvent avoir un impact sur le développement de maladies atopiques au début de la vie. Cet article remplace le précédent « Position Paper » de l'Académie Américaine de Pédiatrie sur les formules infantiles. Les recommandations américaines sont désormais les suivantes : le régime alimentaire maternel pendant la grossesse ou l'allaitement ne semble pas utile. L'allaitement au sein pendant plus de 4 mois par comparaison à une formule infantile standard peut prévenir ou retarder la survenue de la dermatite atopique, de l'allergie au lait de vache et du wheezing dans la première enfance. Il semble exister un bénéfice modeste, retard ou prévention des maladies allergiques, par l'utilisation de formules hydrolysées par comparaison aux formules intactes. La comparaison entre diverses formules hydrolysées montre que le bénéfice n'est pas identique pour toutes. Il y a peu de preuves que le retard dans le délai d'introduction des aliments entre 4 et 6 mois prévienne une maladie atopique.

- Maintien de la méthadone et allaitement au sein dans la période néonatale
(Pediatrics 2008 ; 121 : 106-14. Jansson LM, Choo R, Velez ML, Harrow C, Schroeder JR, Shakleya DM, Huestis MA.) L'étude de femmes prenant de la méthadone pendant l'allaitement au sein montre que les concentrations de méthadone dans le lait de mère sont faibles (21 à 462 ng/mL) et non liées à la dose maternelle. Il y a une augmentation significative de concentration dans le lait de mère avec le temps en fonction des prélèvements. Les concentrations de méthadone dans le plasma de l'enfant sont faibles (2,2 à 8,1 ng/mL) dans tous les prélèvements. Il ne semble pas y avoir de modifications neurocomportementales de l'enfant par rapport à un groupe témoin.
http://pediatrics.aappublications.org/cgi/content/abstract/121/1/106?etoc

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Dernière mise à jour : 01/03/2010
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