Obésité morbide et grossesse

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Le taux d’obésité augmente de façon dramatique dans la population générale ainsi que chez les femmes en âge de procréer. En Suède par exemple le nombre de femmes en âge de procréer présentant un surpoids a doublé entre 1980 et 1997. De la même façon, le nombre de femmes souffrant d’obésité morbide ( IMC >40) a beaucoup augmenté dans la dernière décennie. Les effets néfastes de l’obésité morbide sont reconnus depuis longtemps, avec un taux de diabète et HTA plus élevés que dans la population générale. Les complications anesthésiques et chirurgicales sont également plus fréquentes.


une étude des professeurs B.Guidicelli et V.Roger

une étude des professeurs B.Guidicelli et V.Roger

Pendant la grossesse on reconnaît habituellement la survenue de complications telles que HTA, prééclampsie, diabète gestationnel, macrosomie fœtale, mort fœtale in utero de même qu’un taux plus élevé de césariennes. Plusieurs études récentes essaient d’évaluer l’incidence de l’obésité morbide sur la grossesse mais la plus importante est probablement celle de Cedergreen en 2004. Il s’agit d’une étude suédoise prospective de cohorte qui compare 3480 femmes souffrant d’obésité morbide, 12698 femmes avec un IMC entre 35 et 40 à des femmes de poids normal.

Quels sont les risques ?

Les auteurs mettent en évidence une augmentation du risque de prééclampsie (OR=4,82), de mort fœtale in utero (OR=2,79), du nombre de césariennes (OR=2,69), d’extractions instrumentales (OR=1,34), de dystocie des épaules (OR=3,14) , d’émission de méconium (OR=2,85) de souffrance fœtale (OR=2,52), de mort néonatale précoce (OR=3,41) et de macrosomie fœtale (OR=3,82) chez les patientes présentant une obésité morbide. Pour celles qui ont un IMC entre 35 et 40 les résultats sont similaires mais moins significatifs.

Une étude française parue en 2004 de Grossetti et Herlicovietz présente les mêmes conclusions en analysant 2472 patientes avec une obésité morbide. Pour nôtre part à l’occasion de ces journées nous avons fait une petite étude rétrospective concernant ce type de patientes et nous retrouvons des résultats comparables aux données de la littérature.
Chez les patientes porteuses d’un anneau gastrique, il faut par ailleurs souligner les risques d’occlusion par volvulus et de perforation pendant la grossesse.
Pour les patientes ayant bénéficié d’une dérivation biliopancréatique dans le cadre du traitement de leur obésité, pendant la grossesse il existerait également un risque de carence en fer, folates, B12 et calcium avec de possibles conséquences sur le fœtus.

Auteurs

B.Guidicelli et V.Roger

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